Dacia

Les voitures Dacia connaissent depuis quelques années un succès croissant et retentissant qui ne se dément pas.

Automobiles les moins chères du marché, ciblant une clientèle populaire aux revenus modestes, les Dacia n’en demeurent pas moins fiables, modernes et confortables compte tenu de leurs tarifs, bref, des véhicules au rapport qualité/prix imbattable !

Les retours d’expérience et les avis sur la marque Dacia sont globalement excellents, les utilisateurs sont conquis, la presse spécialisée est unanime… Quel est donc le parcours hors du commun de ce constructeur automobile discount, le secret de sa réussite insolente ? Décryptage…

L’histoire de la marque Dacia

L’histoire de la marque automobile Dacia est époustouflante et continue de faire pâlir d’envie ceux qui ne veulent pas comprendre que la persévérance finit toujours par payer.

Malgré un parcours semé d’embûches, sa réussite est aujourd’hui totale et pourtant, personne n’y croyait encore 20 ans auparavant.

Réduite à l’image du véhicule low cost par excellence lors de son arrivée sur le marché de l’automobile, cette marque a su profiter de l’un des plus grands constructeurs au monde afin de devenir, à force de persévérance, une incontournable du secteur.

Retour sur la petite chaîne de construction automobile roumaine qui a su démontrer par son succès que les Dacia ne sont pas QUE des voitures populaires à bas prix…

Une longue traversée du désert

L’histoire de Dacia commence dans les années 60, en Roumanie.

A cette époque, le futur président de la République socialiste de Roumanie, Nicolae Ceausescu, souhaite montrer au monde entier le rayonnement et la puissance économique de son pays.

Sous cette ère socialiste, il se tourne alors vers l’automobile et fait le rêve de construire une voiture populaire 100% roumaine portant le nom de Dacia, en référence au nom antique de la Roumanie, la Dacie.

Un appel d’offre est alors lancé par la future entreprise automobile roumaine qui souhaite s’allier avec un constructeur automobile déjà en place et plus avancé technologiquement afin d’économiser du temps et de l’argent. Plusieurs grandes marques automobiles répondent à l’appel telles que Ford, Moris, Alfa Roméo et Peugeot.

Peugeot est sur le point d’emporter la bataille mais le projet est abandonné. Moris revient dans la course mais l’alliance ne se fera jamais.

Ce sera finalement Renault, dernier arrivé, qui remportera les négociations. Une licence entre Renault et Dacia est signée pour 8 ans. Ils commercialiseront ensemble la première Dacia (sous licence Renault R8) qui voit le jour en août 1968, dans l’usine de Mioveni :

  • la Dacia 1100, réplique roumaine de la Renault 8

Elle sera produite jusqu’en 1971 et plus de 35 000 véhicules seront commercialisés.

Dacia 1100

La Dacia 1100

En août 1969, une 2ème voiture (sous licence Renault R12) voit le jour grâce à cette alliance :

  • la Dacia 1300, réplique de la Renault 12

Ce modèle connaîtra de nombreuses déclinaisons à partir de 1972, avec la commercialisation des break (modèle 1300 break) et des pick up (modèle 1302, 1304, 1305, 1307 et 1309). L’objectif du constructeur est d’étoffer sa gamme et toucher une population plus large.

Dacia 1300

La Dacia 1300

Dacia 1300 Break

La Dacia 1300 Break

Dacia 1300 pick up

La Dacia 1300 pick up

Les années passent… En 1978, Renault souhaite construire avec Dacia la réplique de la Renault 18. Mais les négociations entre les 2 constructeurs échouent et la licence entre Renault et Dacia est rompue.

C’est le début de l’immobilisme en terme de technologie pour Dacia qui sait produire des véhicules mais à «la mode roumaine» c’est à dire avec peu de moyens. Mais ses prix défiant toute concurrence et l’absence de rivalités sur ce marché lui permettent de rester dans la course.

Dans ce contexte, en 1979, la Dacia 1300 est entièrement restylée et le modèle 1310 voit le jour et trouve son public. Ce modèle sera produit jusqu’en 1989.

Dacia 1310

La Dacia 1310

Plusieurs modèles sont ensuite commercialisés, parfois sous licence, parfois 100% roumain, avant un déclin de la marque à la fin des années 80 qui débouchera sur une longue traversée du désert.

La Dacia 500 est commandée par Nicolas Caeusescu qui souhaitait créer une petite voiture citadine avec 4 places minimum, dont 2 pour les enfants. Elle annonce une consommation de 3L au 100 et qui peut atteindre la vitesse de 100km/h. C’est un fiasco total ! La Dacia 500 ne rencontrera jamais la clientèle ciblée et le modèle sera retiré de la vente quelques mois avant la révolution de 1989.

Dacia 500

La Dacia 500

En 1987, la Dacia 1320 est conçue à partir du modèle de la Dacia 1300 avec un avant repensé et la présence d’un hayon. Le modèle ne rencontre pas le succès non plus et Dacia continue dans cette lancée peu inspirée en voulant faire du neuf avec du vieux. Le constructeur relooke la Dacia 1320 qui devient la 1325 Liberta. La commercialisation de ce modèle fait également chou blanc.

Dacia 1320

La Dacia 1320

Dacia 1325 Liberta

La Dacia 1325 Liberta

Nous sommes en 1989 et avec l’effondrement du régime communiste, la Roumanie plonge dans une crise économique dont l’inflation paralyse tout le pays.

Il faudra 10 ans à Dacia pour se relever de cette crise.

C’est avec la Dacia Nova, commercialisée en 1995, que la marque renoue avec le succès à la fin des années 1998 (avec la type 524 et la GTi).

Dacia Nova GTI

La Dacia Nova GTi

Mais cette réussite relative ne suffit pas à Dacia pour rattraper son retard technologique et se relever et elle renouvelle son appel aux constructeurs automobiles afin d’obtenir un soutien auprès de l’un d’entre eux.

En 1997, elle signe un partenariat avec Hyundai qui sera rapidement abandonné compte tenu de la tension du marché automobile coréen de l’époque.

Dacia se tourne alors vers son partenaire initial, Renault, avec qui un marché est conclu.

Le 29 septembre 1999, lors de la privatisation de Renault, la marque au losange acquiert 51% des parts de Dacia.

Renault n’a alors qu’un objectif : créer un modèle récent de véhicule low cost pour inonder les marchés émergents. La fameuse « voiture à 5 000€ ».

Renault décide alors de reprendre les 2 modèles phares de Dacia, la dacia 1300 et la Nova (rebaptisée SupeRNova), en les dotant d’un moteur de Clio, une mécanique qui a fait ses preuves.

Dacia SuperNova

La Dacia SuperNova

De cette entreprise, la Solenza voit le jour en 2003. C’est la première Dacia qui intègre des options au goût du jour telles que l’ABS, les vitres électriques ou encore la climatisation. Elle sera commercialisée surtout dans les pays de l’Est.

Dacia Solenza

La Dacia Solenza

Durant presque 40 ans, depuis 1969, 2 278 691 Dacia 1300 et ses déclinaisons ont été produites. Malgré son obsolescence face à la concurrence, elle est restée longtemps le modèle phare de la marque,  appréciée en Europe et en particulier par la clientèle roumaine en raison de sa robustesse et de son prix abordable.

La Dacia 1300 représente plus de 90 % des Dacia produites avant la célèbre Logan. Elle est encore très présente aujourd’hui en Roumanie. En effet, les roumains, très conservateurs et aux revenus modestes, ont pour habitude de conserver leur véhicule longtemps, de l’entretenir, le chérir et le réparer jusqu’au dernier souffle. La Dacia 1300, robuste et de conception simple, permet cette longévité.

Le succès enfin au rendez vous

En 2003, Renault détient 99% de Dacia. Les ventes explosent en 2004 avec la naissance de la Logan. En 2005, 164 000 Logan sont vendues en Europe. En 2014, alors que le marché global ne connaît qu’une hausse discrète de +6%, les ventes de Dacia progressent elles de +28% cette même année. Avec plus de 500 000 véhicules vendus en France depuis sa création, la marque low cost se place même devant volkswagen en 2014.

Cette réussite est due à deux atoûts principaux :

  • un prix de vente défiant toute concurrence
  • une mécanique simple et fiable qui se répare facilement

C’est à cette époque que Dacia stoppe la commercialisation de ses anciens véhicules pour se concentrer uniquement sur la Logan qui sera alors proposée sous différentes formes : pick up, break, fourgonnette…

Forte de ce succès, Dacia continue dans sa lancée et ne s’arrête pas en si bon chemin, elle propose ensuite :

  • en 2008, la Sandero
  • en 2010, le Duster
  • en 2012, la Lodgy et le Docker

tout en renouvelant le design de son premier modèle de Logan.

Dacia inonde le marché de ses voitures bon marché qui tiennent décidément bien la route.

De la Grande-Bretagne à Israël en passant par Malte, l’Irlande ou encore la Norvège, sans oublier l’Europe, la Russie, l’Amérique du Sud et le Moyen Orient, le succès est au rendez-vous.

Dacia a été récompensée à 2 reprises en remportant le trophée du meilleur véhicule de l’année : en 2005 pour sa Logan et en 2011 pour son tout terrain Duster.

Depuis 12 ans, plus de 4 millions de voitures Dacia ont été vendues à travers le monde. Ce chiffre s’établit à 584 219 pour la seule année 2016, en hausse de +6% par rapport a 2015.

La Dacia Sandero s’est même positionnée à la première place du Palmarès des meilleures ventes de voitures en France au mois d’avril 2016. Avec 5 288 modèles vendus, la marque s’est placée loin devant ses trois plus gros concurrents, la Peugeot 208 (4095 unités vendues), la Renault Captur (4041 unités vendues) et même devant la Renault Clio (3594 unités vendues).

Aujourd’hui, Dacia propose une gamme de plusieurs modèles déclinés en différentes motorisations, options et finitions :

  • Sandero
  • Sandero Stepway
  • Logan
  • Logan MCV
  • Logan MCV Stepway
  • Duster
  • Lodgy
  • Lodgy Stepway
  • Dokker
  • Dokker Stepway
gamme Dacia

La gamme Dacia

Fort de son succès, la marque est ambitieuse et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’elle a dans ses cartons un projet de véhicule électrique low cost et celui d’une petite citadine à prix discount.

Pourquoi les voitures Dacia se vendent autant ?

La petite entreprise roumaine revient de loin et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a su se tailler une très belle part du gâteau dans le marché hyper concurrentiel de l’industrie automobile.

Peut être parce Dacia répond à une attente populaire très forte : des voitures fiables à prix réduit, qui vont à l’essentiel sans pour autant tout sacrifier sur l’autel du créneau low cost.

Le retour d’expérience des propriétaires est unanime ou presque, les avis positifs sont légion, il suffit de parcourir les forums sur Internet pour s’en convaincre. Les garages de réparation automobile semblent d’ailleurs peu encombrés par des automobiles Dacia en panne.

Dacia semble aussi surtout séduire par un état d’esprit « anti système » dans le sens ou la marque low cost a su résister à une concurrence commerciale qui consiste à proposer des véhicules toujours plus sophistiqués, plus performants, plus connectés.

Le contrat tacite passé avec une clientèle issue des milieux modestes semble sans langue de bois : proposer des voitures au rapport qualité prix excellent, à la conception rationnelle, à tous les conducteurs pour qui conduire est une nécessité plus qu’une finalité, un moyen de se déplacer plus qu’un prolongement de leur ego.

Même si Dacia a pour modeste ambition d’inspirer davantage la robustesse que le paraître et l’avant-gardisme automobile, elle n’embarque pas moins à son bord les standards de sécurité actuels et un niveau de confort de conduite minimum mais suffisant. Dotée d’une habitabilité très honnête, d’un confort plus que raisonnable, conduire une Dacia n’a rien d’époustouflant mais rien de désagréable non plus.

Certes, il faudra oublier les sièges chauffants, l’allumage automatique des essuie glaces en cas de pluie ou des phares en cas de tunnel, la boite de vitesses séquentielle ou une puissance de motorisation à couper le souffle… Mais ce n’est pas ce qu’on lui demande.

Avec des tarifs d’entrée de gamme au prix plancher de 8 000€, Dacia est la marque automobile la moins chère du marché. Pourtant, de nombreuses options payantes permettent de personnaliser les modèles et paradoxalement, ce ne sont pas les versions de base les moins chères qui ont le plus de succès auprès des acheteurs. Preuve, s’il en est, que la réussite de Dacia n’est pas uniquement du à ses prix low cost.

En 2015 et 2016, la DACIA SANDERO a occupé la 5ème et 6ème place du top 10 des voitures les plus vendues en France, loin devant la VOLKSWAGEN GOLF, la RENAULT TWINGO et la RENAULT MEGANE.

avis dacia

Top 10 des ventes de véhicules en France en 2016 (Source : Comité des constructeurs français d’automobiles)

En 2017, Dacia a offert un toilettage complet à toute sa gamme, s’accordant un brin de coquetterie bien mérité… parce que dans cette époque superficielle, pour séduire, le physique, ça compte aussi ! 🙂

Et vous, que pensez vous de Dacia ?

Résumé de cet article
Le phénomète Dacia
Titre
Le phénomète Dacia
Description
Les voitures Dacia connaissent un succès grandissant auprès d'un public de plus en plus conquis. Les avis positifs ne cessent de croître concernant ces véhicules low cost particulièrement robustes et fiables. Le phénomène Dacia, décryptage !
Auteur